Lorsque confronté à une difficulté physique, le patient , dans sa quête de compréhension et de solutions, se retrouve souvent porteur d’un diagnostique ou un autre. La perspective clinique étant souvent le fondement de la mécanique intellectuelle qui conduit au diagnostique, le diagnostique avec lequel se balade un patient est souvent issu d’un point de vue illusoire puisque le résultat attendu n’est pas présent. Quelle est l’utilité d’un instrument clinique qui n’apporte aucun résultats?
Il arrive souvent que la finalité implicite d’un diagnostique provoque une très profonde entrave à la quête du patient. En acceptant le diagnostique, le patient se retrouve souvent prisonnier d’une approche clinique qui le crystalise dans un cliché plus qu’illusoire. Plus le patient accorde de l’importance au diagnostique, moins il a tendance à vouloir chercher une autre opinion. La perspective clinique qui guide l’investiguation constitue souvent l’erreur fondamentale du diagnostique. De plus, lorsqu’on se penche sur la cause du-dit diagnostique, on jette immédiatement un regard sur une multitude de possibilités inter-reliées et hypothèquées de toute part par l’incertitude.
Prenons par exemple l’hernie discale

Une hernie discale est une saillie que fait un disque intervertébral dans le canal rachidien et qui correspond à l’expulsion en arrière de son noyau gélatineux. Le néophyte peut facilement voir le niveau de segmentation que ce diagnostique représente. Le terme hernie discale n’a aucune qutre valeur clinique que de servir à décrire un bombement sur une structure qui ne peut pas exister sans l’ensemble du corps. Si on se questionne sur la cause de la hernie, on s’ouvre sur un infini de causalité qui peut inclure des facteurs nutritionnels, ergonomiques, traumatiques et autre selon la personne à qui on adresse notre questionnement.
Chacune de ces approches y compris la mienne, reposent sur un enseignement qu’on établi comme standard. Or la grande variété d’opinions qu’on peut trouver illumine l’imensité de l’incertitude qui viennent noyer la supposé cause de la hernie discale dans un doute clinique clair qu’on se doit de rattacher au diagnostique. Le clinicien de l’avenir devra faire preuve d’humilité en reconaissant honêtement que son diagnostique n’est qu’une perspective parmi un infini de perspectives toutes submergées par l’inconnu.
Le patient par ailleurs devra prendre sa place aux commandes de toute démarches cliniques et comprendre que le dialecte clinique ne constitue qu’un guide impréci qui le guidera vers ses propres réponses. L’importance d’une démarche clinique doit s’accorder avec les résultats qu’elle apporte et non par la définitive apparente des informations qu’elle véhicule.
